Croisière galère juillet 2003

Chapitre 8 page 9.

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Présentation

Juillet 2003. Le récit d'une croisière galère vers les îles Scilly
et d'un échouage évité de justesse.

Le récit d'un crash évité de justesse suivi d’une galère dieseliste ou la balade ratée vers les îles Scilly.
Le voyage commence au niveau de Guernesey avec un échouage évité de justesse. Il continue avec des escales en Cornouaille anglaise: Plymouth, Fowey, Helford River, Falmouth et Saint Hélier (Jersey) pour essayer de faire réparer notre diesel «Lombardini». Une traversée de la Manche sans moteur represente un trajet périlleux.

1. Samedi 19 juillet 2003. Comment frôle-t-on un échouage ?

En partant, au milieu du mois de juillet 2003, un matin de Granville, nous sommes trois à bord du voilier, bien décidés à atteindre notre but: les îles Scilly.
J'ai recruté un jeune équipier qui se destine à devenir skipper de plaisance. Il a déjà suivi une formation et me dit savoir naviguer. Pour lui être agréable, je lui laisse la navigation et il va tenir l'estime par relèvements. Mon ordinateur est branché et je peux suivre la route du voilier sur l'écran.
La météo étant excellente, nous décidons de faire route directement sur les Scilly à travers la Manche en passant au sud de Jersey et de Guernesey.
Vers 14 h, le vent devenant évanescent, nous mettons le moteur. A 17 h, nous envoyons le spi pendant 2h. Nous passons au sud de Jersey.
Date et heure (TU) LAT LNG Rf vf vs Vent Sonde Miles
2003/07/19 17:03:34 49 11.434N 2 24.490W 327 3.3 4.1 340/5 48.3 732.8

Le vent disparaît et le courant contre nous, nous faisons escale à Saint Pierre de Guernesey pour dormir et faire le plein de gas-oil.
Cap au NW, route directe. La route est longue.
Date et heure (TU) LAT LNG Rf vf vs Vent Sonde Miles
2003/07/19 18:33 36 49 15.804N 2 25.876W 346 2.8 4.0 333/2 54.8 738.9


A l'approche de Guernesey, la nuit tombe. Notre jeune équipier va faire l'atterrissage. La route au moteur plus la fatigue, je relâche mon attention. La brume nous empêche de voir les îles et la nuit est sans lune. J'attends tranquillement de voir les feux de Guernesey. Un autre voilier fait le même cap devant nous.

Soudain, l'équipier me dit voir un feu d'une bouée sur le travers. Je reconnais, à 10 h de la route, la bouée «lower heads». Nous sommes en train de naviguer droit sur les cailloux, au sud de Herm, entre Guernesey et Sercq. Je descends consulter mon logiciel Seapro qui me confirme l'éminence du crash. Sur l'écran, la bouée se trouve à bâbord.
La marée: Pour Saint Malo, la PM est à 0 h05 10. 60 m coef. 61.
Date et heure (TU) LAT LNG Rf vf vs Vent Sonde Miles
2003/07/19 21:33:37 49 25.73N 2 28.084W 274, 1.6 3.7 310/7 52.0 750.6

Pour le courant, nous sommes PM -1, référence Saint Malo.

Notre cap 350° et le courant au 46° de 2. 3N nous emmenaient droit sur les rochers et nous allions nous «taper» la «Noire Pute». Nous étions à 0, 86 mille des roches. Avec la vitesse de 5 N, il nous restait 10 minutes.
Mon bateau et la croisière allaient finir sur les cailloux de Herm. En réalité, mes équipiers ne sont pas rendus compte du danger.
Nous prenons un Cap Sw, après 5 minutes, le logiciel me confirme que nous passons au sud de la bouée.
Croyez moi, après j'ai tenu l'estime pendant le reste de la croisière.

2. La suite de la galère

Le lendemain matin, nous partons par le Nord de l'île cap sur les scilly. Météo: vent sud 3 4 beaufort. Idéal. En fin de journée, au milieu de la Manche, le vent se lève et dans la nuit, il va frôler les 30 nœuds de SW au prés.
Date et heure (TU) LAT LNG Rf vf vs Vent Sonde Miles
2003/07/20 21:12:48 49 57.618N 3 30.736W 322 6.1 6.9 268/26 72 814.3

Un des équipiers rendu inquiet par le mauvais temps, nous allons relâcher à Plymouth. Nous naviguons au près, la barre est facile, mais le haut des vagues recouvre de temps en temps le pont et le cockpit.
Dans la rade, nous mettons en marche le moteur qui fait un drôle de bruit. Nous aviserons au port. J'ai bien fait. Nous nous rendons compte que le démarreur est bloqué. Nous trouvons un réparateur. Seul problème, mon moteur est de marque Lombardini, complètement inconnue des anglais. Il faudra trois jours pour réparer, le relais et le démarreur étant expédiés de Poole.
Après, nous faisons escale à Fowey et Helford River. Dans cette ria, mon diesel ne veut plus se mettre en route. Le démarreur tourne, mais l'arrière du voilier disparaît dans un nuage de fumées noires.
Nous décidons de rejoindre le port de Falmouth à la voile et nous nous faisons remorquer par un bateau anglais. D'ailleurs, je dois le remercier et le féliciter de son habilité dans sa prise en remorque, notre voilier était sous voile réduite par 25 nœuds de vent dans la rade de Falmouth.
Nous sommes accueillis très gentiment par la responsable du port qui va téléphoner à toutes les sociétés anglaises.

Courtoisie des mécaniciens anglais envers un français A Falmouth.

Tous diront qu'ils sont surbouqués ou qu'ils manquent de personnel. La marque Lombardini les dérange et ils ne veulent pas se déplacer pour un voilier français. Notre plaisancier remorqueur essaie de nous aider et il téléphone lui-même aux mécaniciens qui nous ignorent complètement.
Il faut se rendre à l'évidence, notre moteur ne sera jamais réparé. Un autre plaisancier anglais essaie de nous aider et il va rechercher notre panne. Nouvel échec.
Je décide de rentrer à la voile au plutôt à Granville.

La navigation est difficile:
  1. 180 milles en direct à travers la Manche.
  2. Traverser les rails et éviter les gros navires qui ne nous voient pas. Problème. Pour cela, il faut du vent pour avoir de la vitesse.
  3. Passer au sud de Guernesey et Jersey. Les courants sont importants et les rochers sont omniprésents (les Minquiers, le banc Violet, la Corbière de Jersey …. ). Il faut du vent pour avoir de la vitesse et éviter d'atterrir sur les rochers.
  4. Pas question de faire d'escales car il est difficile d'entrer et de sortir dans un port complètement à la voile. (par exemple, Saint Hélier à cause des ferry dans l'étroite passe).
Ce qui est bien

• Il nous reste plusieurs jours pour rentrer
• Les bonnes prévisions de Météoconsult


Je connais les prestations météo «Météoconsult» chez lequel j'ai un compte et mon téléphone portable est branché sur les réseaux anglais.
J'appelle tranquillement leur service. Dans un premier temps, ils annoncent une petite dépression sur la Manche (force 7 à 8 dans la nuit) La météo anglaise a ignoré ce mauvais temps. Le lendemain, ils prévoient un force 4 5 sur plusieurs jours et l'arrivée d'un anticyclone. Il ne faut pas traîner.

Nous partons un soir vers 18 heures. Nous slalomons entre les cargos au milieu de la Manche et nous nous déroutons plusieurs fois pour en éviter. Le lendemain soir, nous sommes en panne de vent à la Corbière de Jersey. Bel endroit, bien rocheux et bien fréquenté par les navires.
Nous appelons Jersey Radio qui va nous trouver un nouveau remorqueur: le bateau d'un club de plongée de Jersey. Très sympa.

Le lendemain matin, le vent s'est levé et nous quittons Saint Hélier à la remorque d'un petit voilier. Mauvaise manœuvre, nous frôlons les cailloux de la digue du port à 2 mètres.
Panne de vent à la NE des caux. Nous jetons l'ancre pour attendre le vent. Nous arrivons à la porte du port du Hérel ou nous attend le canot du port pour nous remorquer à notre place.
Le lendemain, l'installateur de mon moteur vient et il trouve la panne. Le réservoir a été rempli à Guernesey avec du Gas-oil mélangé avec de l'eau (fond de cuve).

Les raisons de notre galère

  1. La marque Lombardini est confidentielle en Angleterre. Quand vous prononcez ce mot, les diésélistes anglais refusent de vous dépanner. Ils n'ont pas le matériel nécessaire pour intervenir.
  2. Tomber sur des réparateurs anglais qui ne veulent pas se déranger. Ils étaient capables de diagnostiquer le problème.
  3. Choisir la marque de son moteur pour qu'elle soit la plus connue possible
  4. Chaque skipper doit connaître un peu son moteur et l'aspect du liquide ne laissait aucun doute sur l'origine de la panne.
  5. Il doit savoir vidanger ou purger les circuits d'un diesel.
Le parcours de notre croisière est enregistré automatiquement par le logiciel Seapro.
Le retour ne l'est pas, j'ai éteint mon ordinateur pour économiser les batteries. J'ai un GPS portable Garmin qui consomme 0. 3ah alors que l'ordinateur dépense 2. 5ah.

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Page mise à jour le 12 novembre 2010

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